À chaque réunion du conseil municipal, nous préparons un petit article afin de présenter aux habitants les sujets qui seront examinés lors de la séance.
Notre objectif est simple :
permettre à celles et ceux qui le souhaitent de comprendre ce qui va être discuté et pourquoi ces sujets peuvent avoir une importance pour notre commune.
Il faut reconnaître que l’information disponible pour les habitants de Cléden est aujourd’hui quasi nulle.
En ce qui nous concerne, l’ordre du jour est en principe accompagné d’annexes pour nous permettre de comprendre le sujet. Mais pour le conseil municipal du 17 septembre 2026, nous avons reçu l’ordre du jour le 10 septembre vers 11h et … pas de chance, à part le projet de règlement intérieur de la majorité, il n’y avait pas d’annexe !
Nous avions un peu moins de 10 jours pour tout préparer. Le projet de règlement intérieur du conseil municipal, qui méritait toute notre attention et les autres sujets pour lesquels nous n’avions pas d’information.
Nous avons donc choisi d’effectuer un travail supplémentaire de recherche, d’explication et de vulgarisation.
Et, comme notre juriste n’est pas disponible 24 heures sur 24, depuis quelque temps, nous utilisons aussi un nouvel outil : l’intelligence artificielle.
L’IA ne remplace pas le travail humain
L’intelligence artificielle ne rédige pas nos articles à notre place et nous ne considérons certainement pas ses réponses comme une vérité automatique.
Nous utilisons plusieurs outils d’IA, que nous pouvons comparer entre eux, pour rechercher des informations, identifier des textes juridiques, retrouver de la jurisprudence, expliquer un sujet technique, retracer une histoire, comparer des sources ou simplement nous aider à comprendre un dossier particulièrement complexe.
Elle permet surtout de gagner du temps dans la recherche et de rendre accessibles des sujets qui, sans cela, peuvent sembler réservés aux spécialistes.
L’IA est un outil puissant, qui doit être utilisé avec prudence, et c’est ce que nous faisons !
L’IA est donc pour nous un outil de travail et de recherche, pas une autorité.
Comme pour une recherche effectuée sur Internet, dans un livre ou auprès d’un spécialiste, il faut garder son esprit critique, vérifier les sources et faire la part entre ce qui est certain, ce qui est interprété et ce qui mérite d’être approfondi.
Pour nous, c’est là que se trouve l’enjeu essentiel.
Dans une commune, comme ailleurs, chacun doit pouvoir rechercher les informations qui lui permettent de comprendre une décision publique.
Chacun doit pouvoir consulter les textes disponibles, entendre les différents points de vue, vérifier les affirmations qui sont avancées et, finalement, se faire sa propre opinion.
Pendant longtemps, effectuer ce type de recherche demandait beaucoup de temps, des connaissances particulières ou l’accès à des ressources difficiles à trouver.
L’intelligence artificielle change en partie cette situation.
Elle permet aujourd’hui à une personne qui ne connaît pas le droit administratif de poser une question avec ses propres mots, de demander une explication, de poursuivre ses recherches et d’aller ensuite vérifier les sources.
Elle ne supprime pas le besoin de connaissances.
Elle peut contribuer à rendre ces connaissances plus accessibles.
Alors il serait idiot de refuser cet outil au motif qu’il est nouveau !
Une démocratie où chacun peut chercher par lui-même
Pour un petit groupe d’élus ou pour des citoyens qui n’ont ni service juridique, ni juriste à disposition, la différence est considérable.
En quelques instants, il est aujourd’hui possible de rechercher un article du Code général des collectivités territoriales, de retrouver une décision d’un tribunal administratif ou d’une cour administrative d’appel, de comparer plusieurs textes et d’obtenir une première explication dans un langage compréhensible.
Cela ne remplace évidemment pas un avocat, un juriste ou un magistrat.
Mais cela permet de savoir quelles questions leur poser et de mieux comprendre les réponses qui sont apportées.
C’est aussi un formidable outil de démocratisation de l’information.
Pendant longtemps, l’accès au droit et à la jurisprudence a été beaucoup plus difficile pour un citoyen qui voulait simplement comprendre une règle applicable à sa commune.
Aujourd’hui, la technologie réduit considérablement cette barrière.
« Nous ne sommes pas des robots »
Lors du conseil municipal du 17 septembre, alors que nous expliquions que nous avions utilisé l’intelligence artificielle pour approfondir et vulgariser les sujets inscrits à l’ordre du jour, le maire nous a répondu, en substance :
« Nous ne sommes pas des robots. Si j’en crois Monsieur Munck, nous n’avons plus besoin d’avocat, de juriste, ni de Code, ni de jurisprudence. »
Cette remarque appelle pourtant une réponse, car elle ne correspond pas à ce que nous avons dit ni à la manière dont nous utilisons cet outil .
Justement : nous ne sommes pas des robots !
Nous sommes des élus, des citoyens, des personnes qui doivent pouvoir rechercher, comprendre, vérifier et confronter les informations qui leur sont nécessaires pour exercer leur mandat.
L’IA n’est ni un juge, ni un avocat, ni le Code
Le Code général des collectivités territoriales reste le Code général des collectivités territoriales.
Une décision du Conseil d’État reste une décision du Conseil d’État.
Un avocat reste un avocat.
Un juriste reste un juriste.
Une décision de justice n’est évidemment pas rendue par une intelligence artificielle.
Bien sûr que l’IA n’a pas vocation à remplacer ces sources ou ces professionnels !
En revanche, elle nous permet de les trouver, de les comprendre et de les comparer à une vitesse qui était inimaginable il y a encore quelques années.
C’est une différence essentielle.
Une technologie au service de la démocratie locale
Il ne s’agit pas de remplacer les élus par des robots.
Il s’agit au contraire de donner aux élus et aux citoyens davantage de moyens pour comprendre ce qui se passe dans leur commune.
Une démocratie locale vivante ne repose pas seulement sur le vote.
Elle repose aussi sur l’accès à l’information, la possibilité de comprendre les dossiers, de poser des questions, de confronter les points de vue et de vérifier les règles applicables.
Si l’intelligence artificielle peut nous aider à mieux faire cela, pourquoi faudrait-il s’en priver ?
Nous continuerons donc à utiliser l’intelligence artificielle avec prudence, en vérifiant ce qu’elle nous apporte et en revenant aux sources lorsqu’elles sont nécessaires.
Nous ne lui demanderons pas de décider à notre place.
Nous ne lui demanderons pas de penser à notre place.
Nous nous en servirons comme nous utilisons d’autres outils : pour rechercher, comprendre, comparer et expliquer.
Parce qu’une information pluraliste ne consiste pas à demander à chacun de croire la même chose.
Elle consiste à permettre à chacun de disposer de suffisamment d’éléments pour construire son propre jugement.
L’IA ne décide pas à notre place.
Elle nous permet de chercher par nous-mêmes.
Dans une démocratie, l’information ne devrait jamais avoir pour objectif de penser à la place des citoyens, mais de leur donner les moyens de penser par eux-mêmes.


